La plume de la danse Hip-hop
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Critique du film “Elektro Mathematrix” (FR) | STRITER

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Je vous rassure d’entrée : c’est un vrai film de danse. C’est-à-dire que ça danse du début à la fin. On nous épargne des romances à deux sous (même si la scène Alycia/Cerizz peut faire douter), les danseurs dans des rôles inutiles -surtout qu’ils sont toujours loin d’être bon acteurs-, et ça! Ça fait du bien.

C’est par pur hasard, alors que j’errais dans Paris, que j’ai ouïe dire qu’un flashmob électro se préparait à la Canopée des Halles. Pour avoir vu la bande annonce d’Elektro Mathematrix avant de m’accabler devant Free Dance, j’ai tout de suite su ce qui se tramait.

Des « kikas kikas » et des « encore encore » criés à foisons dans ce tout-récemment rénové Châtelet avaient pour but d’annoncer à leur manière la sortie prochaine de leur film. Une démonstration courte mais efficace qui m’a conduite à les suivre à cette avant-première au Mk2 de BNF.

Si je devais résumer le film en une phrase : la version électro des Mignons.

Le scénario est simple : une journée dans une classe de lycéens. Sauf que ce ne sont pas des étudiants comme les autres puisqu’ils sont tous danseurs : que ce soit les élèves comme les figurants. De la salle de cour, aux ateliers en passant par la récréation, chaque instant est retranscrit en danse et avec un enthousiasme communicatif.

Aucune parole, que des bruitages, des danseurs et la musique de Tao Gutierrez! La productrice Blanca Li viendra expliquer en fin de séance que « on considère que la danse est assez forte pour raconter des histoires. C’est un langage universel qui n’a pas besoin d’être traduit. On s’est dit qu’on était assez fort pour faire un film où on peut tout dire sans parler ». Et on vous en remercie. C’est frais, c’est drôle et c’est vrai. Enfin! Car, on le sait, la communauté des danses urbaines souffre indéniablement de cette volonté de toujours vouloir l’adapter à des besoins commerciaux pour « plaire » aux spectacteurs. Elektro Mathematrix c’est les danseurs dans leur état naturel. C’est d’ailleurs avec ces derniers que j’ai découverts le film et il ne fait nul doute que leur fierté n’en est que plus grande lorsqu’ils voient que la production a eu la considération de ne pas fausser ce qu’ils font. Et encore plus, ce qu’ils sont.

Bien que l’atmosphère du film soit profondément animé par un sentiment qui nous donne envie d’être leur amis, cela n’enlève aucun crédit à l’arristique de cette danse. La scène entre Crazy et Big Jay en est la plus belle preuve. Des artistes. Voilà ce qu’ils sont en vérité et chaque scène chorégraphiée vient sublimer cela.

Tourné en une semaine dans un lycée lors des vacances de Pâques, Elektro Mathematrix vient faire suite au spectacle ElektroKif. Une volonté de Blanca Li de continuer à mettre en avant la danse electro qu’elle affectionne tout particulièrement et qui donnera surement suite à bien d’autres choses. J’aime voir la danse pour ce qu’elle est & le film Elektro Mathematrix qui sort demain en salles me confirme que toute la beauté de la danse réside dans la véracité de ses instants.

En salles dès le 24 Août 2016.

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