La plume de la danse Hip-hop
Urban WOAHT (Blog)

Critique du film “Free Dance” (FR) | STRITER

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“Profondément mièvre bien qu’artistiquement audacieux”

Si j’étais Télé Z, voilà comment je décrirais ce film. Hier, c’est non pas sans peine que j’ai assisté à la projection de Free Dance. Sorti ce 3 Août 2016, j’ai envie de vous guider que vous puissiez clairement répondre à cette question phare lorsqu’un film de danse sort : “Vaut-il la peine d’être vu ou pas ?”.

Vous dire oui ou non serait trop facile et pas Kiudien. Laissez-moi vous conter mon vécu.

Ce film, ça fait un moment que je sais que je finirais par le voir : 1, car c’est un film de danse et que je me dois d’en parler ; 2, car nombreux sont les danseurs français et américains que je connais qui participent au casting : Meech, Sweetlo, Comfort, Milan, Creesto, Carmel… Ayant vu les photos défiler sur Facebook, l’attente n’en était que plus longue. Toutefois, je ne me faisais aucune illusion : la destination commerciale des “films de danse” me promettait de bons danseurs mais une exploitation moindre de leurs talents sauf que sur ce point… Free Dance m’a rassurée. Bien qu’il n’y ait au total que 6 scènes de danses freestyle en-dehors des scènes dans l’école de danse classique, les rares apparitions des danseurs (hip-hop, claquettes, ou autres) étaient vivantes de justesse et de sincérité. Ça transpire la chorégraphie, je souris malicieusement du coin de la bouche en entendant que Rick (Ian Eastwood) est “le roi du freestyle” mais il serait mentir que de dire que le chorégraphe n’a pas réalisé un bon travail de cohésion afin que chacun puissent danser avec leurs énergies naturelles. Une belle synergie que les connaisseurs du milieu hip-hop sauraient apprécier.

* cette scène où Ruby danse avec les deux femmes de Switch Steps est géniale.

Sauf que Creesto, casté dans le Werk Crew, m’avait prévenu : “Ce n’est pas un film hip-hop, c’est un film de danse”. Et encore… Soyons juste : c’est une comédie romantique où les personnages aiment la musique et la danse.

Car de l’amour, ils en ont à revendre. Au contraire, des films de danses habituels, on en retrouve toutes les caractéristiques : le jeune homme indépendant abîmé par la vie qui rencontre la jeune femme en quête d’émancipation et de réussite artistique. Tombés amoureux l’un de l’autre, ils finissent par gagner, ensemble, un concours de grande renommée où la danse hip-hop aura permise d’apporter ce soupçon de nouveauté qu’il leur manquait… Sauf que la danse survient comme la levure d’un gâteau : on sait qu’il en a, on sait que c’est ce qui permet la consistence du plat mais on ne le sent pas.

Une première partie profondément nourrit de mixité artistique qui laisse place à une histoire mielleuse qui tente, tant bien que mal, de garder une axe plurielle. Un scénario au fond plutôt fade pour une forme très esthétique. Un ensemble confus qui me donne rapidement l’impression d’être une petite ménagère assise devant ma télé à zapper les chaînes entre une série à l’eau de rose et Un Dos Tres.

La note de STRITER : 5/10. Artistiquement, c’est sincère. Esthétiquement, c’est beau. Cinématographiquement, c’est insipide bien que visiblement drôle vu le nombre d’éclats de rire qui ont animés la salle de cinéma. Je ressors de la séance sans expression particulière : aucun enthousiasme, mais pas forcément déçue. Un paradoxe évident se crée lorsqu’on réalise qu’on décroche du film en s’attardant sur l’un des deux aspects : soit on affectionne l’histoire des personnages, soit on affectionne la mise en lumière des arts (danse/musique). J’aurais du mal à vous conseiller d’aller le voir car si vous aimez la danse comme beaucoup de mes lecteurs, vous resterez définitivement sur votre faim.

 

 

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