La plume de la danse Hip-hop
Hip-Hop Social

Elle, elle c’est Elles. || Her, her it’s Hers.

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FRANçais

Un jour, elle se lève. Elle frémit de plaisir lorsqu’elle découvre qu’elle tient sur ses jambes. Elle fait un pas. Puis deux. Dans sa tête, la joie est là mais ce n’est pas ce qu’elle veut. Elle doute ; pire, elle redoute. Et si elle n’y arrivait pas ? Pourtant durant toutes ses années, elle en a rêvé de ce moment. Elle ne pensait pas que ce serait si difficile. Et puis quoi !? Elle ne tombera pas plus bas. Alors elle recommence une fois: un pas, puis deux. Mais cette fois-ci, ce ne sont pas de simples pas. Ce sont des pas de danses. Ceux qu’elle a tant imaginé, qu’ils sont comme automatisés. Elle est heureuse. Elle se sent légère, elle se sent vivre, elle en pleure. Pour préserver la chaleur de l’instant vécu, elle se rassoit. Elle recommencera demain. C’était bon, c’était bien.

Mayliss (oui celle de l’Open Road) en rêve. Mais le fauteuil roulant ne fait pas de trêve.

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Un jour, elle se lève. Ils la regardent. Ce n’est pas son habitude de faire ça, elle a coutume de se contenter de regarder à s’en «bruler sa rétine», analyser. Mais ce qu’elle veut désormais c’est y aller. Cette piste, elle l’étudie depuis trop longtemps.  La musique commence. Elle s’élance, son visage exprime ce qu’elle pense, son corps est en transe, elle danse. Dans sa tête, le vide complet. Elle ne compte pas les temps, elle préfère savourer les secondes qui restent avant la fin. Avant de savoir. Elle sent les regards, elle sent qu’elle est étudiée à son tour. Enfin ils sont à sa place, mais comprennent-ils ? Tout a une fin, c’est maintenant celle de la musique. Ses yeux brillent, elle se félicite, elle en pleure. Elle est heureuse, est-ce que cela se voit ?! Peu lui importe. Elle se rassoit. Elle n’a pas mal, sa respiration ne s’est pas coupé, elle ne s’est pas écroulé. L’hôpital ne la verra pas aujourd’hui. Alors elle se dit qu’elle recommencera un jour. C’était bon, mais c’était court.

Kiudee (oui, moi) aurait voulu faire de la danse plus qu’un sport. Mais ce n’est pas elle qui décide, c’est son corps.


FRANçais-2

One day, she gets up. She shivers with pleasure when she discovers that she likes on her legs. She makes a step. Then two. In her head, the enjoyment is there but it isn’t what she wants. She doubts; worse, she dreads. And if she didn’t suceed ? Nevertheless during all her years, she dreamed about it, about this moment. She didn’t think that it would be so difficult. And then what !? She won’t fall more low. Then she begins once again: a step, then two. But this time, they aren’t simple steps. They are dance steps. Those that she so much imagined, that they’re as automated. She’s happy. She feels good, she feels alive, she cries for it. To protect the heat of real-life moment, she sits down again. She will begin again tomorrow. It was good, it was really good.

Mayliss (yes that of Open Road) dreams of it. But the wheelchair doesn’t make truce.

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One day, she gets up. They look at her. It’s not her habit to make that, she’s in the habit of contenting with looking them until “to burn her retina”, to analyze. But what she wants henceforth it’s to go there. This dancefloor, she studies it for too long. The music begins. She dashes, her face expresses what she thinks, her body is in trance, she dances. In her head, the complete space. She doesn’t matter time, she prefers to savor the seconds which stay before the end. Before knowing. She feels the glances, she feels that she is studied in her turn. Finally they’re on her place, but do they understand ? All good things must come to an end, it’s now the one of the music. The eyes shine, she congratulates herself, she cries for it. She’s happy, sees it herself ?! It does not matter to her. She sits down again. She doesn’thave pain, her breath did not cut itself, it did not collapse. The hospital will not see her today. Then she says to herself that she will begin again one day. It was good, but it was short.

Kiudee (yes, me) would loved to make dance more than a sport. But it’s not her who decides, it’s her body.

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