La plume de la danse Hip-hop
Urban WOAHT (Blog)

L’accalmie du Cercle Underground 2016 (EN/FR) | STRITER

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Si vous êtes là, c’est que vous faites parti des 99% de personnes qui souhaitent savoir ce que je compte raconter « cette fois-çi » sur le Cercle Underground. 80% d’entre vous s’attendent à ce que le propos soit négatif. Les 20% restant sont les étrangers qui liront la version anglaise et n’ont donc pas suivi mon épopée circulaire.

Circulaire, car oui, depuis… la roue a bien tournée.

Vous vous rappelez surement de ces brouhahas en 2012 qui ont tant animés vos timelines: entre statuts Facebook et vidéos Youtube, le remue-ménage a été tel qu’aujourd’hui on me dit « pour rigoler » en être la bête noire. Pourtant c’est bien avec mes stylos bleu et rouge que je me trimballe, mais soit! Comme je le disais, la roue a tourné : le savoir-vivre ensemble a primé.

Alors quand bien même, ma présence n’y était pas sollicité (pour ne pas dire souhaité), j’ai assisté aux dernières éditions. Non sans constater une nette baisse d’engouement. J’étais d’ailleurs rester sur un sentiment indescriptible en 2014 après que je me sois penché sur une réflexion « contre-sens ou contre-essence » en 2013… Et j’en viens ce soir à écrire cet article pour arrêter de parler à des groupes de 4-5 personnes alors que nous sommes peut-être 100 à penser la même chose ou à vouloir en parler.

Je vous annonce la couleur : je n’ai pas été au Cercle Underground ce Samedi 16 Avril 2016. C’est pourtant un évènement qui ne se manque pas… Qu’on aime ou pas. Alors je me suis demandée pourquoi et j’en suis venue à me demander comment un évènement considéré comme incontournable a t’il pu devenir si désuet ? Malgré ce que les gens ont tendance à croire, je ne souhaite la perte d’aucun évènement et surtout pas de ceux qui donnent sens à notre culture. Le CU comptait parmi l’un des rendez-vous phares, et aujourd’hui c’est presque sur les doigts d’une main (pour forcer le game!) que l’on compte les enthousiastes pour y assister.

Cela commençait déjà à se sentir lorsque les vidéos des crews pour chauffer avant le jour-J ne se faisaient plus. Ça mettait un piment incroyable, qui donnait à l’évènement une dimension plurimédia totale : du virtuel à la réalité, il n’y avait qu’un pas (de danse). Le CU c’était la vérité! Tu ne mentais pas dans le cercle : face à toi-même, tes dires, ta danse, ton crew, tes adversaires, et le public. Ainsi, c’est devenu moins fun. Les tee-shirts, qui étaient un symbole fort a perdu de son caractère : on ne le perd plus, on se l’échange. De cartes Yu-gi-ho, on est passé aux Diddl. Rajouter des présélections, c’était le coup de massue : ça a fait perdre à l’event tout son jus, tout ce qui faisait que les teams se donnaient corps et âme pendant un an pour être remarqué par les Wanted. C’était comme un privilège d’être choisi pour y participer… Enfin, tant que cela avait sens.

« Tu forces! » me direz-vous… Et pourtant, pas du tout. Je donnerais 3 raisons à cela. Trois raisons qui se connectent les unes aux autres.

Premièrement, la culture des battles en France est mouvante selon les moeurs. Actuellement, nous avons toujours nos gros battles mais parce qu’en 2015, beaucoup ont connu une coupure, d’autres nouveaux évènements ont émergés de toute part apportant un second souffle  d’énergie ces derniers mois sur la base de line-ups bien trouvé et de vibe Hip-Hop retrouvée. Pour les gros events qui restent les plus attendus, faire la différence en 2015-2016-2017 est plus que nécessaire afin de certifier leur ampleur et prouver qu’au-delà des danseurs eux-même, les évènements aussi se doivent de rester au goût du jour.

Pour revenir sur le Cercle Underground, la promotion aurait été pertinente si elle était tourné sur le « Regardez, voilà ce que vous aimez au CU. Voilà ce que vous y trouverez si vous venez » histoire de rappeler à tous à chacun ce qui rend le CU unique. Pour passer au second point, sur cette édition, le goût fut clairement amer comme si on me demandait de manger de la nourriture déjà mâché. Pourquoi je dis ça ? Les équipes choisies sont composées des mêmes personnes à chaque fois : même si on peut noter une certaine ingéniosité pour cacher que sont « les potes de potes de » et surtout, même si ce sont des danseurs qu’on adore voir danser.  C’est comme si vous organisiez un barbecue avec vos potes et que vous disiez aux gens « Venez nous regarder manger !« . De là en découle le troisième point : le prix. Comme je vous le disais, les big events ont fait un retour fin 2015-début 2016. Pour rappeler qu’ils sont des entités dans la culture battles, ils ont tous augmentés leurs prix (au grand dam des portefeuilles étudiants) : certains que le public serait au rendez-vous quoiqu’il arrive. Connaissant les coûts d’une salle et des défraiements, on ne pouvait imaginer le CU faire autrement surtout que tout le monde aurait été prêt à mettre 25€ pour le Cercle Underground mais… seulement si cela en valait le coup (enfin, dans ce cas-là, le coût!) et ce n’était pas le cas !

Cet article n’est ni un prologue, ni un report. C’est vraiment par envie de partager mon sentiment. Je n’ai pas été au Cercle Underground aujourd’hui, mais comme beaucoup de ceux qui me liront, j’aurais voulu avoir envie d’y être.

Si j’écris tout ça, c’est pour qu’on se rende compte de l’importance de se rappeler que même sans se dire qu’on doit plaire à tout le monde, on ne peut nier qu’en organisant un évènement, on le fait pour les autres : c’est le public qui paye et remplie la salle. On peut essayer de ne pas toucher les danseurs en se disant que « De toute façon, ils ont jamais d’argent » mais ce sont les passionnés qui font vivre l’évènement en l’inscrivant dans le temps et c’est le contenu qui le rend intemporel.

Vous pourrez faire une capture d’écran de ce qui suit mais je suis triste d’avoir vue cette vidéo où on voit la superbe salle de Fratellini… vide! Tout autant que de me dire que les vidéos Youtube me suffiront. Je le pense et en même temps, je m’étonne de tenir ces propos car je me dis « Mais je parle du Cercle quand même!« . J’espère sincèrement qu’une prise de conscience quant aux choix des équipes, ou au moins, du sens du battle va être faite et expliquée de façon intelligente (incluse dans la communication, donc). C’est important de communiquer sur les valeurs d’un évènement surtout lorsqu’elles sont tant empreintes dans cette culture qui est la nôtre.

On attend beaucoup du Cercle Underground car comme le disait Youval en 2012, le public est devenu « beaucoup plus exigent« , très habitué à voir des battles mémorables.

Pour conclure, je dirais que le défi pour l’équipe du Cercle Underground serait de réussir, en cette croisée des générations, à recréer des battles aussi fort et mémorables qu’autrefois.

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If you are here,you’re part of the 99% of people who wish to know what I plan to tell « this time » about the Cercle Underground. 80% of you expect that it’ll be negative. The 20% left are the foreigners who will read the English version and thus did not followed my circular saga.

Circular yes, because since then … things changed.

You may remember all these hubbubs in 2012 which livened up your timelines: between  Facebook status and YouTube videos, the commotion was so lively that still today, people « amuse » themselves to tell me I am the pet peeve. Nevertheless it’s  with my blue and red pens that I trail along, but anyway! As I said, the wheel turned: the manners to live together outdid.

Then, even though my presence was not requested (not to say wished) there, I attended the last editions. Not without noticing a sharp drop of craze. I was moreover to stay on an indescribable feeling in 2014 after I tried to know if they go wrong-way or they do it a the wrong way in 2013… And I come this evening to stop speaking to groups of 4-5 people while we are maybe 100 to think the same thing or in the need to speak about it.

I show your hands: I was not at the Cercle Underground on this Saturday, April 16th, 2016. And yet, it’s an unmissable event… That we like it or not. Then I was wondering why and came there as I wonder how an event considered as major became so obsolete? In spite of what people tend to believe, I wish the loss of none events and especially those who give sense to our culture. The CU mattered among one of the key international underground dance meetings, and today it’s almost on the fingers of one hand that we count the people who wants to go there.

I began to felt it when the crews stopped to make videos to warm before the D-Day. That putted an incredible crazy tension, which gave to the event a total multimedia dimension: from virtual to the reality, there was only one (dance) step. The CU was the truth! You could not lie in the circle: front of yourself, your statements, your dance, your crew, your opponents, and the public. So, it became less funny. T-shirts, which were strong symbols lost of its nature: you don’t lose it any more, you exchange it. From Yu-gi-ho game, we went to Diddl. Add preselections was the hammer blow: that made the event lose all its juice, lose that everything which made that teams gave their body and soul during one year to be spotted by Wanted. It was as a privilege to be chosen to participate in it… At least, until it has a meaning.

« You’re going so far, Kiudee » you’ll say… And for real, no. I’d give 3 reasons to that. Three reasons that connect to each others…

Firstly, the culture of battles in France is unstable according to the customs. Actually, we still have our big battles but because in 2015, many had a break, many new events emerged everywhere bringing a second breath of energy these last months on the basis of great line-ups and the come back of Hip-hop cyphers. For the big events which remain the most expected ones, make the difference in 2015-2016-2017 is more than necessity to certify their scale and prove that beyond the dancers themselves, the events also owe be on trends.

 

To come back on the Cercle Underground, promotion would have be more relevant if it was turned around something like « Watch, this is what you love with CU and this is what you’ll see if you come » to remind what makes it so one of a kind. Secondly, this edition was bitter tasting, like eating food already chewed. Why ? The chosen teams  have a taste of deja-vu : even if we can stipulate the genius to hide the « friends of friends of » fact. It’s like you were organising a bbq with your friends and inviting us to look at y’all eating. From that point, here’s the third one : the price. As I said, big events made a comeback at the end of 2015/early 2016. To remind us they’re big entities of our culture, they increase entrance prices (to the great displeasure of student wallets) : sure that public will pay anyway. Knowing the price of a location and travel compensations, we were expecting the CU to do the same ; especially that we were all ready to pay 25€ to come at the Cercle Underground… but only if it worth it.

This article is neither a prologue, nor a report. It really is by desire to share my feeling. I was not at the Cercle Underground today, but as many of those who will read me, I would have wanted to want to be there.

If I write this, it’s so that you all realize the importance to remember that even without the desire to please everybody, we cannot deny that by organizing an event, we make it for the others: it’s the public who pays and fill the room. We can try not to target the dancers as « they never have money for nothing » but it’s them who make the event live by putting it on a long-term footing and it’s the contents which makes it timeless.

You can make a screen shot of what will follows but I’m sad to have seen this video where we see the magnificent room of Fratellini… empty! Just as much as to tell myself that YouTube videos will be just enough for me. I think it and, at the same time, I feel surprize to hold these words because I say myself « Damn, I talk about the Cercle Underground!« . I sincerely hope that an awareness regarding the choices of the teams, or at least, the direction of the battle is going to be made and explained in a intelligent way (included in the communication, thus). It’s important to communicate on the values of an event especially when they are so much present in this culture which is ours.

We are waiting so much from the Cercle Underground because as Youval said in 2012, the audience became « much more demanding« , too used to see battle of legends.

To conclude, I will say that the challenge for the staff of Cercle Underground will be to succeed, on this generations crossroads, to recreate battles as strong and memorable as before.

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  1. dala

    Bonjour ,

    Je souhaitais ajouter un petit commentaire!

    Tout d’abord très bon article , j’ai commencé la danse fin 98 donc de la troisième génération de danseur en France. A cette époque il y avait moins d’événements mais beaucoup plus d’intensité dans les battles et surtout dans le public.

    Aujourd’hui le public est devenu exigeant en terme de prouesse mais connait t’il vraiment le break ?! Pas forcément , le public vient voir un battle comme un spectacle or à l’époque ce n’étais pas le cas. Le battle appartenait au danseur, il voulait en découdre avec son adversaire devant un public connaisseur.

    Je ne regarde plus les événements d’aujourd’hui mais certains battle m’intéresse et me surprenne. Malheureusement dans la globalité je vais zapper 80 % des vidéos sur youtube et en regarder 20%.

    Concernant le circle underground je pense que ton avis est constructif car on pourrait dire de ce battle qu’il commence à devenir aussi banal que ses semblabes !
    Mais n’est-ce pas le fait de démocratiser le Hip-Hop qui vaut cela?!

    Amicalement

  2. Kiudee Davie

    Bonjour Dala,

    Merci. Au plaisir de lire ton commentaire!
    Contente de voir que tu comprends ma démarche de rebooster l’évènement pour qu’il ne finisse justement pas en étant banalisé.
    Concernant ta question, je pense que tout dépend du sens qu’on donne à la démocratisation…

    Démocratiser en tant qu’ouvrir nos portes à un public moins connaisseur ? C’est vrai que, du coup, la capacité à comprendre les subtilités, la maturité d’un danseur tout autant que la complexité d’un battle est moindre. Mais ouvrir nos portes c’est vraisemblablement bénéfique pour les organisateurs d’abord et pour les danseurs ensuite. Les orgas d’abord car ils veulent remplir leur salles, des gens qui payent leurs entrées. Les danseurs ensuite car c’est indéniable que le public conforte les danseurs (actuels) dans leur popularité : ce sont eux qui prennent des stages, eux qui partagent les vidéos, eux qui les suivent sur les réseaux sociaux, etc.

    On ne peut plus blâmer la démocratisation, il faut juste la guider. L’emmener là où on veut qu’elle aille en l’éduquant : garder les valeurs de nos petits/gros events et faire aimer ça aux gens. Faire aimer notre nature sans s’auto-dénaturaliser.

    Je l’écris et je trouve ça moi-même compliqué. Mais perso, je trouve ça important.

    Amicalement (aussi),

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