La plume de la danse Hip-hop
Hip-Hop Social

Le DNSP pour LES NULS (version #STRITER)

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RÉSUMÉ. Chômage, récupération politique, institutionnalisation de la culture… que faut-il comprendre lorsqu’on parle du DNSP ? Tout le monde parle aujourd’hui de ce sujet aussi « tendance » qu’houleux sans vraiment parvenir à donner aux concernés de quoi se former une opinion singulière mais commune.

Avec Les Nuls (version STRITER), retrouvez en plus de 900 mots, les réponses aux plus grandes interrogations à savoir concernant l’élaboration d’un diplôme pour les danseurs Hip-Hop.

« Le DNSP pour LES NULS » vous donnera toutes les clés pour pouvoir vous positionner sans vous sentir comme un mouton qui suivrait un troupeau.


AU PROGRAMME :

  • Qu’est-ce que le DNSP ?
  • Quels seront les impacts  ?
  • Mais à qui cela profiter au contraire ?
  • Quel est la différence avec le D.E ?
  • Qui en est à l’initiative ?
  • Où en est le projet ?
  • En quoi ça me concerne ?
  • Qu’est-ce que je peux faire ?
  • Qu’est-ce que tu en dis, toi ?

Qu’est-ce que le DNSP ?

> Commençons par le commencement : DNSP veut dire Diplôme National Supérieur Professionnel de Danseur.

C’est un diplôme d’Etat (niveau II), mené par le Ministère de la Culture et il est actuellement mis en place pour la danse classique, la danse contemporaine et la danse jazz. La formation dure en général 3 ans et se déroule dans des institutions type conservatoires.

Concernant le DNSPD Hip-Hop, il est à l’initiative du CNMSD de Lyon (Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon) et soutenu par Kader Attou & Mourad Merzouki. Cette initiative provient d’une “commande” du ministère qui les a jugé comme les plus aptes à pouvoir répondre au besoin d’institutionalisation de cette danse qu’est le Hip-Hop en proposant un projet qui conviendrait à la situation actuelle.

Le DNSPD est censé répondre à l’absence de formation professionalisante à destination des danseurs Hip-Hop. Qui sont  vus comme « laissé à l’abandon » du cercle institutionnel et étatique soit comprendre, hors de contrôle.

 

Quels seront les impacts ?

L’acquisition de ce diplôme certifie le diplômé d’un statut de “Danseur Interprète ». Il est fort probable, qu’après approbation de ce diplôme, seul les personnes ayant validé la formation aient accès à la possibilité de pouvoir se produire dans des théâtres, et lors de représentation que l’on dira « officielles ». Le problème là-dedans ? Le Hip-Hop n’a pas de codes.

Ce qu’on aime et ce qui fait la beauté de cet Art c’est tout le champ créatif qu’il offre. La possibilité d’aller voir 10 shows et de savoir que chaque chorégraphes proposera un univers si différent à chaque fois qu’on pourra même le juger de décalé. Mais c’est ça ! C’est Hip-Hop.

Pourquoi vouloir obliger des gens à se formatiser pour se professionnaliser ? Beaucoup avant ceux qui auront ce diplôme (si cela se passe) sont devenus de réels professionnels respectés et respectable sans ça.

Et quand on sait que les danseurs ont déjà du mal à payer des battles ou des spectacles dont l’entrée est de 25€ : comment ne serait-ce songer à leur fait payer une formation de 3 ans, en conservatoire, qu’ils ne sont même pas surs d’avoir ?

Gagner des battles, danser pour des comédies musicales, faire des spectacles n’est d’ores et déjà pas à la portée de tous, le fossé n’en sera que plus grand.

En soit donc, beaucoup des danseurs se battant au quotidien pour voir leur vision du Hip-Hop dans les théâtres, à la télé, sur scène, partout se verront sans travail. A essayer de se « placer » où l’on voudra bien d’eux. Déjà qu’être intermittents du spectacle n’était pas chose facile, ce ne sera pas chose aisé désormais.

Mais à qui cela pourrait profiter au contraire ? 

D’après moi, cela pourrait profiter à deux types de personnes :

  • Les institutionnels qui y verront une sécurité. Souvent, ne l’oublions pas, le Hip-Hop fait peur. Savoir que les personnes que l’on peut employer sont certifié par l’Etat et sont passé par un conservatoire les rend crédible et c’est rassurant.
  • Les professionnels à portée sociétale comme les professeurs en MJC. Qui, je n’en douterais pas pour ne pas m’étaler, aiment le(ur) Hip-Hop & se verraient peut-être augmenté dans leurs salaires si leurs statut d’Animateur Technicien pouvait passer à celui de Danseur-Interprète.

Quel est la différence avec le D.E ?

>  Le D.E (Diplôme d’Etat) concernait l’aspect éducatif, soit le statut de professeurs. Le dossier comprenait 250 pages expliquant la formation & un dossier annexe déposé par 3 doctorantes venait appuyer ce premier. L’établissement du diplôme a été arrêté l’an dernier par les actions du groupe Le Moovement. Ici, le DNSP concerne, je vous le rappelle, l’aspect créatif, soit le statut de chorégraphe.

Où en est le projet ?

>  Le dossier du DNSPD doit être déposé le CNMSD de Lyon au comité d’experts du ministère mi-Décembre.

Qu’est-ce que je peux faire ?

Tu peux déjà arrêter de ne dire que Oui ou que Non. Arrêter de signer sans savoir ne serait-ce que DNSP veut dire (même si après lecture, tu le sauras désormais). Pour que l’action commune ait non seulement un poids mais un sens, il faut que chacune des personne qui crie un Oui ou un Non sache pourquoi elle fait. Jeunes ou vieux. Petit ou grand. Nous sommes tous concernés. Peace, Love, Unity, Having Fun and… Knowledge ! Alors instruisez-vous. Comprenez et vos paroles résonneront plus fort.

Une pétition est en place, tu peux la signer ici : cliques.

Tu peux suivre toute l’actualité sur Le Moovement : cliques.

Et surtout, tu peux continuer à danser, aimer ce que tu fais.

 

Qu’est-ce que tu en dis, toi ?

Je me positionne depuis le début pour oeuvrer à lier de la manière la plus juste que possible notre milieu Hip-Hop à la grande société. L’une étant ancré dans l’autre, il faut impérativement savoir répondre aux attentes de l’une sans la dénaturaliser tout en crédibilisant la première aux yeux de l’autre comme un electron qu’il faut laisser libre puisque là se trouve sa valeur.

Le DNSP n’est pas sain : il n’est pas traité par les bonnes personnes, ni de la bonne manière. Mon plus grand reproche est que l’on se bat sans avoir toutes les caractéristiques concrètes et précises. Tout ce que l’on sait proviennent de bribes que nous nous efforçons d’acquérir auprès de personnalités par çi et par là.

Aucun dossier, à ce jour, n’est disponible.

Mon autre grand reproche ira dans le manque de discussion. Nous en sommes déjà à prendre position sur si Oui ou Non, ça se fera ou pas. Pourquoi l’élaboration même de ce diplôme n’a pas été discuté en amont ? Pourquoi ne pas avoir sondé auprès des diverses personnalités et têtes de la communauté pour ainsi créer quelque chose qui conviennent à tous ? Au moins essayer ! De quoi mieux crédibiliser le projet.

Je ne dis pas ça pour dire que cela aurait permit que l’on soit d’accord, mais au moins, nous aurions été impliqué. Le problème aujourd’hui c’est d’agir dans le dos d’une communauté très grande qui se parle et qui se connait. Et quand l’on voit que les principaux acteurs de cette démarche ne sont même pas au coeur de la culture underground et l’Histoire du Hip-Hop, je comprend pas.

Après, dans la riposte, nous nous devons de ne pas seulement dire Non. Nous devons proposer autre chose, car ils reviendront toujours à la charge sans cela ; se disant que l’on aime notre culture aussi folklore qu’elle est mais que ce n’est pas comme ça qu’il la veule puisqu’il est impossible de nier le fait qu’ils veulent voir le Hip-Hop régit par un papier Etatique.

En restant réaliste, il nous faut réussir à prendre complètement en main tout ce qui concerne la gestion et maitrise de cette culture. Devenir ceux auxquels on croit. On est un peu le Tiers-Etats dans ce combat. Fini de lire l’Histoire dans les livres, faisons-la !


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  1. Anonyme

    Je sors d’un DNSP danse Jazz …
    1) la formation est pratiquement gratuite puisque financée par l’état
    2) Aucun rapport entre « avoir un DNSP » et « avoir un accès plus facile au salle/scènes pour des spectacles »
    3) A vous, passionnés du genre, de proposer des évolutions à ces « codes » dont vous parlez …le DNSP propose une formation très riche et ne propose en aucun cas une direction unique …
    A bon entendeur … ;-)

  2. sandrine (didine) danseuse

    Merci enfin !!!pour l’article, il est clair et cela fait du bien, car la plupart comme tu dis signe sans savoir à quoi cela correspond et ne font que suivre comme des moutons…

    concernant le fait que les danseurs ont du mal à payer l’entrée d’un battle ou d’un spectacle, il faut savoir ou sont les priorités participer à la culture hip hop commence par arreter de gratter en payant l’entrée d’un battle, d’un spectacle, d’une expo ou autre ou avoir des baskets à 100euros, t-shirt vêtements pour faire hip hop je ne trouve pas que ce soit un argument très crédible!! bref

    Après il y a bien des choses à dire la dessus, et une discussion serait la bienvenue !!

  3. Kiudee Davie

    Intéressant d’avoir ce point de vue. Merci! Je vais étudier la question histoire d’approfondir ces différents points.

  4. Pingback: ILTD All Star Game 2015 | STRITER | STR!TER

  5. Anonyme

    C’est dommage de ne pas avoir écris un article objectif sur la question. Pousser les gens à ne pas « suivre comme des moutons » en émettant dès le départ des suppositions (cf: « Il est fort probable… »), et donc en donnant ton avis on a vu mieux pour éclairer le mouton égaré…

    Enfin, comme dis très justement dans le commentaire précédent pourquoi ne pas interroger ceux qui ont un parcours similaire en jazz, classique,… Même si je te l’accorde la culture hip hop est très particulière. Il y a réellement moyen de faire un article de fond sur le sujet, aller rencontrer les acteurs qui travaillent dessus, comprendre tout les tenants et les aboutissants. Bref, nous aider à nous faire notre opinion à ce sujet. Pas émettre des jugements avec des justifications entendues milles fois et répétées inlassablement.

    Alors on a le droit de créer des écoles à 5 000€ l’année si on est un danseur mais on ne peut pas bénéficier d’une formation gratuite si on a pas les moyens?
    Biensur je plussoie totalement l’avis de Sandrine. Les danseurs veulent tout faire par eux mêmes, sans l’aide de personne mais ça gratte des entrées à 5€ à tous les événements.
    Autre chose qui me dérange un peu. Une jeune femme, non danseuse professionnelle, qui se permet d’émettre un jugement sur des mecs de plus de 40 qui ont roulé leur bille c’est un peu fort en cacao.
    Sinon, attention aux fautes, ça pique les yeux.

  6. Kiudee Davie

    Je prends en note tout ce que vous dites. C’est un sujet sur lequel j’aurais l’occasion de re-écrire sur STRITER : moi-même, j’ai senti que c’était pas totalement objectif avec le recul, surtout que j’ai eu d’autres éléments, retours et avis. Du coup, c’est cool de le lire à nouveau. Il y a pas mal d’interrogations et réflexions que j’ai envie d’aborder et d’étudier plus en profondeurs comme on me conseille de le faire. En tout cas merci d’avoir pris le temps de partager tout ça :)

  7. Kiudee Davie

    Je ne sais plus si j’avais répondu. D’abord merci du commentaire. Ensuite, je suis totalement d’accord sur ce trait de caractère des danseurs qui n’ont pas les bonnes priorités (est-ce qu’on arrivera à la changer? Je ne sais pas)… J’ai depuis reçu pas mal de nouveaux éléments de réflexions que j’ai envie de partager sur ce blog quand je trouverais les mots pour en parler et qui vont dans le sens de ton commentaire.

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