Le labyrinthe de la pensée dansante – Partie 4

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Cet article est un article de réflexion. C’est-à-dire qu’à travers ma vision (qui ne changera pas à l’issu de cet article et ce, malgré votre avis) je vous propose de réfléchir à un aspect de la danse que l’on explore jamais. J’entends dans cet article de ne viser personne, toute fois il est vrai que l’émergence de cette réflexion n’est pas venu de nulle part et c’est bien en analysant & observant des danseurs que j’ai pu en venir à me poser ces questions que je partage aujourd’hui avec vous.

UN TITRE ÉVOCATEUR

Ce titre («Le labyrinthe de la pensée dansante») c’est pour exprimer & vous proposer, à travers les nombreuses parties que je compte en faire, une vision introspective mais en même temps personnelle de la danse. La semaine va commencer et c’est toujours une vision PER-SON-NELLE.

Prenez cela comme une manière de rentrer dans ma tête à défaut de pouvoir lire mon «cahier magique». Aujourd’hui, 19h50, je vous propose de rentrer un peu plus encore dans un sujet assez controversé dans notre culture comme dans l’ensemble du domaine artistique et qui est… l’aspect commercial !!!!!

Commercial, commercial.. Quel doux mot. Couleur argent, saveur bonheur ? A voir. Etre commercial se dit généralement d’une personne sachant user de stratégies afin de faire des entrées d’argents. Dans une culture qui a vu le jour dans les quartiers pauvres de New York, dans un domaine artistique où il n’est pas nécessaire d’acheter quoique ce soit pour l’expérimenter, cela paraît presque déplacé. Pourtant vous le lirez, non; cela est presque devenu commun. Pourquoi ? A cause de qui ou de quoi ? Comment s’en sortir ? Tant de questions laissées sans réponses.

Et parce qu’il me plaît de traiter notre culture en tant que société,  je m’apprête en direct, en live pour vous et rien que pour vous mes chers lecteurs et lectrices, à aborder LE sujet qui fait pique. Préparez un verre de jus et du Spedifen 400: ça va fumé dans vos têtes.

QU’EST-CE QUE LE COMMERCIAL DANS LE HIP-HOP ? 

« Le commercial ? Tss.. Ce sont à cause des gens comme Untel qui se font de l’argent sur le dos des artistes que cela existe »

C’est vrai. Il y a de nombreuses personnes qui clament par exemple à l’incompréhension lorsqu’on fait payer les pré-sélections en disant que ce sont les organisateurs qui veulent faire rentrer de l’argent dans leurs poches. Mais je le répète, c’est un sujet si controversé qu’à ces gens je pourrais répondre « Et vous, qui ne daignez pas participer à un battle si le moneyprice est trop bas ou inexistant, n’avez-vous rien à vous reprocher ? ».  On pleure l’avarice des organisateurs, mais on accepte l’injustice artistique venant des danseur (dans le sens où on dissocie les « petits » évènements des « grands » évènements alors que ce sont TOUS des évènements Hip-Hop qui participent d’une quelconque façon à la promotion de notre culture mais bref..).

« C’est pas moi… » Vous vous souvenez lorsqu’enfant nous bafouillions cette phrase avec malice et moue boudeuse après avoir fait une bêtise ? C’est ce que vous faites constamment: rejeter la faute sur les autres.

Que l’aspect commercial comme je dis soit entré dans notre culture comme dans la danse en général n’est pas, à proprement dit, la faute de quelqu’un en particulier. Nous somme dans une société-mère  incontestablement régit par l’argent, la ruse et le business. Cette même société-mère où nous inter-agissons quotidiennement a des effets direct sur notre culture et notre art.

C’est à cet instant que je pense à une réplique de Youval. Alors que nous parlions de ceux qui aiment dire « Le Hip-Hop c’était mieux avant », à lui de me dire « C’est bien beau de dire ça mais on est bien content d’avoir des salles pour s’entraîner, les évènements sont dans des salles, plus dans la rue, c’est mieux qu’avant faut le dire. Je peux même faire venir ma mère à un évènement pour dire […] »

Et il a raison. C’est bien facile de dire « C’était mieux avant« ; mais les moeurs, la société évolue (et en notre faveur en plus). A nous de suivre. Je dus souvent d’ailleurs être « rétro HH en 2012 »: cela démontre bien que bien qu’en ayant un esprit propre au Hip-Hop tel que crée à ses débuts, je suis consciente qu’elle n’est plus la même, qu’elle n’est plus intacte. Comment ? Parce qu’elle a des effets visibles que je constate jour après jour.

QUELS EFFETS ?

Bien sur, cela aurait été trop beau de voir le commercial s’implanter dans le Hip-Hop sans rien bousculer. Comme partout, ce sont les plus faibles qui sont touchés; et dans le Hip-Hop comme partout, la faiblesse ce sont vos mentalités souvent fébriles et vivement influençables; à ce demander parfois si vous n’êtes pas tels les policiers de Springfield, que l’on corrompt avec de simples donuts.

Allez. Soyons sérieux.

Égocentrisme des danseurs, hiérarchisation des acteurs de cette culture, perte du sens des valeurs, business malsain, escroqueries, etc… tels sont lesdits effets du commercial; et là de se demander « Pourquoiiiiiiiiii ça ne marche pas avec nous ? »

Prenons pour exemple, le Juste Debout, parti d’une belle initiative je le conçois, de promotionner le Hip-Hop sur la scène internationale, est désormais considérée -selon ce que j’entends- comme un business rémunérateur non Hip-Hop.

Que s’est-il passé ? Cela ne fait pas encore un an que je suis dans le milieu donc je ne pourrais discuter de lévolution de cet évènement. Toute fois, j’aime à me renseigner sur tout et apprendre cela d’un évènement qui a prit une telle envergure est.. troublant. Après y avoir réfléchis, j’ai soulevé deux notions que l’on retrouve dans cet évènement comme dans d’autres et que l’on se doit de distinguer: commercial et international.

1. Commercial = International ?

Oui. Et plutôt deux fois qu’une. Je me souviens qu’un danseur m’avait un jour dit « Il vaut aujourd’hui mieux se faire connaître d’abord à l’étranger puis en France ». La France étant très suivie du point de vue artistique « être connu [comme Français] à l’étranger, revient à être connu en France. Et inversement« . S’ouvrir à l’international est désormais purement et simplement NÉCESSAIRE  Car il est tristement vrai qu’espérer de faire sa reconnaissance strictement Française quelque chose de bénéfique est perdu d’avance. Faute à qui ? A la communauté Hip-Hop en France qui ne sait se soutenir qu’à l’étranger.

2. International = Commercial ?

Pas forcément. On peut très bien parta… hum ! Quoi ? Pas de gros mots ? Ok ok je ne dirais pas que l’on peut très bien.. PARTAGER sans pour autant être récompensé de quelques billets. Désolé mais je veux bien concevoir que « tout travail mérite salaire », mais bon j’imagine que de base, si vous exercez cet art c’est par passion. Pour beaucoup, parce que la passion est devenu un métier celle ci est devenue semblable à la notion de « retour ». Retour d’argent, retour de privilèges, etc.. Il faut parfois savoir donner sans pour autant attendre en retour. Et ça, c’est une leçon qui n’est pas seulement propre à notre « société » Hip-Hop et/ou artistique, elle s’exprime aussi dans la société-mère. Pourtant on ne peut nier que vivre en tant qu’artiste sans être rémunéré devient vite difficile vu que nous sommes totalement ancré dans la société-mère qui est elle-même soumise au commercial.

CONCLUSION

Plus haut dans mon article, j’écrivais: « Pourquoi ? A cause de qui ou de quoi ? Comment s’en sortir ? » mais d’après moi, nous ne devons pas nous demander d’où ça vient, comment on en est arrivé là, comment y remédier. Car en soit, ce n’est un problème que vis-à-vis des valeurs que véhiculent cette culture; ce n’est pas un problème pour la majorité des gens de cette culture. Il est temps de nous poser les vraies questions: Voulons-nous réellement nous en sortir ? Pourrions-nous envisager une évolution sans cet aspect commercial qui, bien que pesant, nous apporte ? Je ne pense pas.

Ce qu’il faut désormais c’est apprendre à utiliser ces outils et les mettre au service de l’évolution de notre culture et de notre art. Par exemple, faire d’un évènement avec les moyens les plus sophistiqués qu’ils nous soient donnés , le reflet de la communauté; et non, pas de ce que les gens extérieurs en attendent. Le public aime le Hip-Hop pour ce qu’il est (à son état brut, alors pourquoi leur montrer le côté paillette ? Cela peut paraître difficile mais c’est seulement par ce processus que nous arriverons à perpétuer nos valeurs de telles manière qu’on pourra dire « Les acteurs de cette culture ont changés certes, mais la culture a évolué, ses valeurs ont donc été ré-adaptées » !

Sur ces mots, je pense à une anecdote: on dit souvent « quand on parle d’argent, il n’y a plus personne », mais c’est faux ! Il y a les danseurs ;)

Bon, je vous taquine mais je vous aime bien. Voir toutes les imperfections de cette culture aux valeurs si idyllique, c’est tout simplement magique. Ça  prouve qu’en elle-même cette culture reste terre à terre, et ça donne l’envie [aussi bien à moi qu’à d’autres et peut-être qu’à vous] de corriger ces imperfections à notre façon.

==> Bientôt la partie 5. En attendant voici la partie 1, la partie 2 et la partie 3 toujours disponible et d’actualité.

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