La plume de la danse Hip-hop
Hip-Hop Social

Cette pastiche Hip-Hop n’est pas fastoche.

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Tout le monde observe le Hip-Hop et personne ne semble jamais en être totalement satisfait. Chacun y cherche quelque chose qu’il trouvera sans jamais ensuite pouvoir s’en détourner. Installé dans le lieu le plus complexe, la culture, familière et quotidienne, elle nous entraîne dans le spectacle d’un monde que pourtant bien certains de vouloir connaître ne nous apportera pas toujours le divertissement attendu. S’adressant à tous et à personne, elle suscite le dépit amoureux car nous n’aimons pas les miroirs collectifs. Si le miroir individuel nous plonge dans les délices du narcissisme et de l’égocentrisme, le miroir collectif nous fait patauger, lui, dans l’insatisfaction.

Une insatisfaction ?

Parlons de frustration si vous voulez. Chacun face à face, la vérité se révèle à nous, et nous fait réagir. En bien ou en mal, un acte en découle. Ce miroir collectif reflète, à la lumière de notre société, un besoin de perfection et/ou du moins, de perfectionnement.

Pour cela, chacun à une opinion sur le Hip-Hop, son intérêt, ses influences, son évolution et même son devenir. Et ces opinions sont souvent passionnées, violentes et/ou mitigées. Il est devenu rare en effet, d’entendre quelqu’un tenir sur le Hip-Hop des propos raisonnables. Comme si cet objet culturel, ce mouvement artistique, semblait davantage fait pour susciter les griefs et les railleries que les arguments et les idées. Ces propos s’appuient souvent sur des idées personnelles défendu toute force contre les faits ou les connaissances. En tout cas, chaque citoyen semble avoir un droit sur le Hip-Hop, se sont autorisés à parler et possède même parfois en réserve quelques projets intéressants pour y contribuer.

Mais pourquoi ? Pourquoi les discours sur le Hip-Hop relèvent-ils de la passion (en tant qu’acharnement) et non de la raison ? Telle est sans doute la question qui est à l’origine de cet article.

La réponse que j’apporterais surprendra peut-être. Pour moi le Hip-Hop suscite les passions parce qu’elle touche à l’essence de l’humain. Elle est l’objet culturel le plus humain de la société humaine. C’est pourquoi elle condense un nombre considérable de problèmes. Dès que l’on tire sur un fil, c’est l’humain tout entier qui vient, avec ses histoires, sa personnalité,ses drames et ses rêves.

Moi qui aborde ce sujet suis d’ailleurs proprement asphyxiée par la multiplicité des opinions, préjugés et analyses dont je dois me débarrasser. Et pour moi aussi la tentation de la prescription est permanente. Il est difficile en effet de ne pas glisser subrepticement vers la définition de ce que doit être une bonne personne Hip-Hop.

C’est une culture, me direz-vous.

C’est trop large et trop ancré pour en discutez, rajouterez-vous.

“Le Hip-Hop deviendrait-il un sujet tabou ?

Mince alors… J-j-j-je pensais qu’on était libre, moi.. Que la liberté d’expression c’était réel.. Que les discours tels que “tu apprendras beaucoup de choses à travers cette culture” n’étaient pas que promesses… *larmes qui coulent*

Situation embarrassante.  L’écriture même de cet article serait-il puni par la loi ? Heureusement:

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Ouf ! Continuons de ce pas.

Il y a une subtilité complexe que je tiens à relever: le Hip-Hop touche à chacun tout en participant au bien commun. Simultanément au sein du Hip-Hop chacun ne privilège pas forcément le bien commun par ce biais.

Ce cercle qui me semble sinon vicieux, malheureux ne tend pourtant pas à se réduire. La question se pose et se répond ainsi: telle sur une terre fertile, la question n’est pas plus d’où planter son arbuste que comment on va s’en occuper. Nous sommes enraciné dans cette manière de penser, cela signifie t-il alors que cela vous convient ?
Reprenons l’exemple de la terre fertile (big up à Mère Nature). C’est avec une triste mine que je vous apprend que.. Tu vas nous mettre un rateau ? Non non, mais prenons des pelles, nous allons creuser.

Peut-être est-il possible, aujourd’hui, de changer ces habitudes. Mes lecteurs constateront que ma manière d’aborder le problème conduit à des démonstrations surprenantes mais du moins nécessaires au regard de son importance. Que la prétendue passivité face à celui-ci n’est pas applicable à chacun. Aussi je demande aux lecteurs d’aller jusqu’au bout de mon (dernier) argument, quand bien même ce soit pour les rejeter, et d’accepter, le temps d’un article d’exercer sa raison.

Pelle en main, chapeau de paille sur la tête, je vous invite à siroter un verre de jus en nous délectant de la superbe vue sur notre jardin Hip-Hop. Creuser je disais. Creuser nous ferons.

Le Hip-Hop touche à chacun tout en participant au bien commun et c’est même l’un de ses objectifs premiers. A comparer on pourrait aisément le faire avec une société démocratique. Alors pourquoi agir de manière autarcique ?

Je ne fais pas ça, moi !” L’utilisation seule de ce pronom démontre le contraire. Planter son arbuste, c’est bien. S’en occuper, aussi. Mais ne penser-vous jamais lorsque que vous voyez de mauvaise herbes à les arracher ? Ne penser-vous jamais lorsque que vous voyez une pousse à l’arroser (de votre savoir) ?

Réfléchissez-y.

N.B: cet article est une pastiche de “La Folle du logis, la télévision dans les sociétés démocratiques” rédigé en 1983.

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