Report Battle Urban Life (FR) | STRITER

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Inviter verbe : prier de venir (en un lieu), d’assister ou de prendre part (à)

Je pose ça là afin que l’organisation puisse commencer sa lecture en se remémorant les bases. Rares sont les battles, et celui-ci vient se placer en deuxième position, où j’ai pu ressentir avec autant de vivacité un tel manque de respect envers les danseurs dû à un manque total d’organisation. Pourtant, c’est bel et bien mon expérience au Battle Urban Life 2016 à Bruxelles.

Chanceuse fût pourtant celle-ci de se retrouver face à un groupe de danseurs à l’esprit assez professionnel pour ne pas, littéralement, foutre en l’air le festival et, il y avait pourtant de quoi.

Venue en tant que spectatrice, nombreuses ont été les fois où j’ai eu envie de mettre les mains à la pâte tant je me sentais gênée face au désarroi de la situation. Mais laissez-moi vous conter un petit peu ce week-end.

PREMIER JOUR : Vendredi 2 Septembre 2016
Fraîchement arrivée de Paris, je débarque directement sur la place Rogier afin d’assister aux présélections qui ont donc lieu la veille. Le lieu est grand, la scène est belle, les guests sont de qualités : tout porterait à croire que cela sera un battle mémorable… Et il le sera! Pas de la bonne manière par contre. Au niveau de présélection médiocre, je rajouterais cette ambiance palpable reignante dans les lieux : les guests (cf. définition plus haut) sont largement mécontents car la prise en charge par l’organisation est plus que douteuse.

Je ne le sais pas encore, mais ce ne sera que le début. Dès lors, je deviens Kiudee Lemoine car j’ai officiellement ouvert le bureau des plaintes : les binômes sont inter-changés, les guests ne sont pas nourris, les infos ne sont pas dûment communiquées… C’est, par chance, le fait de se retrouver tous ensemble à Bruxelles qui apaise dans leurs esprits les déboires (à venir) des organisateurs. Saoulés, ils finissent largement par fuir les présélections et je me retrouve à attendre inlassablement les résultats.

Je dis bien « inlassablement » car bien qu’elles aient duré pas plus d’une heure, l’organisation est venue y caler pas moins de 3 créations (pas des shows, des créations) avant de daigner annoncer les résultats. Alors, of course, j’ai bien compris : Urban Life est un festival soutenu par la Ville et il a donc été impératif de placer le maximum de shows d’univers artistique différents afin de prouver la diversité culturelle qu’accueille Bruxelles. Et je me dois de souligner qu’assister à une banalisation la plus totale du public envers des représentations plutôt intéressantes reste extrêmement gênant.

MAIS DÉSOLÉE! Personne. Non, personne. Ne reste debout, dans le froid, à regarder 3 créations de plus de 15 minutes chacune. Sauf ceux qui attendaient les résultats. Soit, nous. À cet instant de ma vie, je me suis sentie comme dans une vieille fin de soirée où seuls les plus bourrés restent les plus motivés. Sauf qu’il n’y avait ni alcool, ni motivation.

DEUXIÈME JOUR : Samedi 3 Septembre 2016
« My Godness! » Vous savez comme j’aime dire ça et bien, il n’y avait pas mieux pour exprimer ma pensée. Les retrouvailles avec mes compatriotes français ont été mouvementées. Je n’ai pas cessé de me dire « Les pauvres! ». Comment peut-on, en tant qu’organisateur, être aussi serein devant ses platines (#multicasquettes) lorsque ses jurys, présent depuis 15h ne mangent au final que vers 19h30 ? Comment peut-on écourter sans mal (autant pour lui que pour les enfants) le stage de Yugson, l’un des juges parce que l’une des organisatrice faisait stage juste avant et a, un peu beaucoup débordée pour des raisons de temps ? Comment peut-on banaliser avec superbe un de ses guests en le laissant sans réponse concernant sa venue pour, ensuite, essayer de le remplacer par quelqu’un d’ores et déjà présent sur place ? (#MaisMerlichCandymanAGagnéQuandMeme). Désolée mais non. Tout cela se résulte à ce que des personnes non-concernées, mais touchées par la situation comme Baloo, se retrouvent à gérer diverses problématiques qu’ils ne devraient même pas connaître.

C’est triste! Et si je devais choisir ce qui aura été ma plus grande peine ? J’hésiterais forcément entre le fait que le battle n’ait pas eu lieu à même le sol et le fait qu’il ait, du coup, eut lieu sur la scène. Car c’était nul. Lorsqu’on bénéficie d’une si belle surface, il faut en tirer partie. À regarder les danseurs sur une scène trop haute, qu’on ne pouvait en aucun cas investir pour raisons de sécurité, j’ai eu l’impression de regarder mon poisson rouge dans son bocal ; en mode « Allez nage Simon*! Nage« . L’intérêt pour la Ville, on le sait, de ce genre d’évènement c’est d’immerger ses habitants dans une culture de rue qui regorge de talents. Ce n’est pas en créant un fossé (même entre les jurys et les danseurs) que cela se passera. Même si je suis certaine que les rares enfants/parents/familles/amis présents ont appréciés leur journée.

A noter tout de même que la sélection des danseurs était top et que, je réitère, cela aurait pu donner un évènement de MALADE. Avec un moneyprice de 1000€… Franchement!

TROISIÈME JOUR : Dimanche 4 Septembre
Alors quoi… C’est sur qu’en lisant tout ça, vous vous dites : « Merde! Elle a vraiment pas kiffé » mais ce n’est pas le cas. Si un évènement se réduisait qu’à son organisation, ça se saurait. L’ambiance compte énormément et pour le coup, je me suis amusée : les concerts d’outro m’ont divertie comme jamais car entre Lara Fabian du ghetto, Young Thug version r’n’b et Fally Ipupa du coin, c’est peut-être l’unique moment où j’ai aimé être là. Bien que les conditions n’aient pas été bonnes, que les humeurs des danseurs n’étaient pas aussi joviales et décontractées que ça aurait pu l’être, je reste sincèrement et profondément ravie de ne pas avoir été invité par l’organisation qui se doit désormais de revoir complètement ses objectifs. L’indépendance a ses bon côtés.

Toutefois attention! Ne vous malmenez pas. Je suis honnête et je mentirais si je ne disais pas que j’ai pu observer une réelle bonne volonté de la part d’Elvis. Bonne volonté qui est maîtresse dans la réalisation d’un projet mais être organisateur, être une production de spectacle est un vrai métier qui ne s’improvise pas et surtout, qui s’assume.

Lorsqu’un évènement se déroule chaque année comme si c’était la première, il faut savoir se remettre en question ou, s’entourer de personnes capable d’encadrer un battle hip-hop pour ce que c’est réellement : autant dans le respect de la culture, que dans le respect des prestataires.

C’est dommage! Voilà ce que je pense réellement : au vu des invités, des équipes constituées (même s’il faudra m’expliquer comment le choix a été fait parce que bon…), du lieu et des jurys -Bboy Lilou, Yugson, Baloo, Kid Eyez et … un autre-, on aurait vraiment pu passer un weekend tout simplement génial. Comme dit la citation : « On prend les mêmes et on recommence ». Car là… #EpicFailed.

* le nom de mon poisson rouge a été modifié par peur des moqueries.

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