[REPORT] HIP-HOP GAMES CONCEPT 2017

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Ça m’avait manqué. Beaucoup manqué.

Non, je ne parle pas du Hip-Hop Games – mais bien de ce sentiment ‘d’aller vers l’inconnu”, celui qui m’envahit lorsque je vais découvrir un nouvel évènement.

“La première impression compte” n’est-ce pas ?

À force de couvrir des évènements, il est devenu bien plus difficile de m’étonner – enfin, dans le bon sens, je veux dire. Aujourd’hui, la majorité des évènements se ressemblent.

Ces duplicatas nous confortent dans une sorte de routine évènementielle : une salle remplie quand tout va bien, des gagnants, des perdants, puis une série de statuts #moijediraisjuste sur Facebook.

Samedi dernier, j’ai été conviée à Lille pour la première fois. Romuald (Art Track/R.A.F) m’a proposé de venir découvrir le Hip-Hop Games et voici ce que je vous en dirais en 2 leçons.

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LEÇON 1 : TOUJOURS TRAVAILLER LE COEUR À L’OUVRAGE

Ce n’est pas censé être le point que je devrais relever en premier et pourtant, c’est ce qui m’a frappé dès mon arrivée : quel dévouement ! Quelle chaleur, et pourtant le polaire Stüssy de Biggos que je portais voudrais vous dire le contraire.

Tout déjà dans le concept m’a laissé entrevoir que cet évènement était sain.

Adepte des “battles à concepts” – you know me – j’ai particulièrement appréciée que cela ne s’arrête pas qu’à ça. Que les danseurs ne rentraient pas juste chez eux avec un cadre comme s’ils n’avaient été que chercher un recommandé à La Poste. Le suivi proposé sur 18 mois suite à l’évènement et qui, à ce que j’ai compris, est un réel accompagnement dans la structuration et professionnalisation artistique de l’équipe gagnante est un bonus dont je suis certaine que peu de danseurs réalise la valeur. Actuellement, leur plus bel exemple est la compagnie sénégalaise La Mer Noire (enfin, la Meeeeeer Noire pour les intimes) qui enchaîne les A/R entre le Sénégal & la France, et qui présentera son spectacle en février 2018 à Lille.

Autre point, le staff. De prima bord, je ne suis pas sentie à l’aise. Il faut dire qu’à force, les évènements où je vais, je finis par très bien les connaître. Alors j’ai aimé ressentir cette timidité face à de nouveaux organisateurs… Ça m’oblige à prendre au sérieux mon statut – mais jamais trop tout de même car on est Hip-Hop. On se connaît. On sait qui est qui et surtout, qui est là pour quoi.

J’ai aimé l’enthousiasme dans la voix des organisateurs lorsqu’ils me ré-expliquaient une dernière fois le concept, lorsqu’on m’a fait découvrir la salle et lorsqu’on m’a glissé un “Kiudee, la nourriture est prête, tu peux y aller dans une minute”. PARCE QUE OUI ! On en parle jamais mais c’est rare qu’on ait le temps de bien manger. Et de le faire tous ensemble, tous en même temps. Avant et même après l’évènement. Convivialité renforcée, 3 points de gagnés.

Dans ces conditions et entourée d’un public réactif, j’ai pu apprécier l’évènement comme il se doit.

Et au fil des heures, je me rendais compte que le Hip-Hop Games faisait vivre aux danseurs le même processus d’écoute à deux niveaux que j’ai à-travers l’écriture… Celui qui te rappelle que l’on vit dans un monde inter-personnel mais que pour appréhender l’autre, il faut se comprendre soi-même.

LEÇON 2 : IL FAUT AVOIR CONSCIENCE DE SOI POUR LACHER PRISE

Je vous l’affirme : participer au Hip-Hop Games est un exercice que je souhaite à beaucoup de danseurs. Assise au milieu du public (assurément à la meilleure place possible d’ailleurs), j’ai pu observer l’évolution des danseurs au-travers des différents exercices.

Car c’est tout l’enjeu du HHGC : se découvrir.

Se découvrir dans le sens d’expérimenter de nouvelles choses qui te permettent de mieux te connaître.

Se découvrir dans le sens de se mettre à nu devant et avec d’autres. (Et quand on connaît le rapport complexe des danseurs avec leur paraître et leur ego, c’est beau)

Contraintes d’espaces, playlists variés, échange avec un-e artiste choisit au hasard par l’équipe Art Track et le show joker… Tant d’épreuves que les crews partagent en individuel, en duo ou en quatuor pour tenter de séduire les trois jurys du jour (Khoudia, Greg Allaeys et Darwin) afin de se hisser à la première place et remporter la compétition.

L’épreuve qui, d’après moi, met le plus en lumière ce format est l’épreuve Source. Pendant 3 minutes, un membre de chaque équipe devra danser avec l’une des sources invitées par l’équipe organisatrice. Cette année, ils étaient au nombre de 5 : Jimmy (Yudat), Bojoo Le Clown, Nathalie (Les Mybalés), Mufasa, Bruce (Ykanji).

Toutes les prestations ont été riche en émotions: KLA District rencontrait Nathalie et Doris dans une prestation intense –  Elora (Belgium Unity) nous proposait une symbiose où elle a su se superposer avec brio et délicatesse à la proposition de Jimmy – Anne So rencontrait Mufasa, une rencontre entre deux personnalités féminines fortes et affirmées ; la proposition gagnante émanera d’Adam (The Double Collective de Rotterdam) en duo avec Bojoo Le Clown pour trois minutes vivantes et magiques.

Et c’est en m’attardant sur la rencontre entre Bruce et Emina que j’ai réalisé comme cela pouvait être dur de lâcher prise et d’accepter que quelqu’un d’autre nous porte : vous comprendrez surement en vidéo mais c’était un moment que j’ai trouvé gênant.


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ALORS AU FINAL, J’EN DIS QUOI ?

Ça fait du bien ! Ça M’A fait du bien (bon, j’ai un rhume mais ça compte pas! 😅)

J’espère que pour les prochaines qualifications, plus de groupes voudront se mettre en danger ou performer selon l’expérience de chacun. Je pense sincèrement que tout le monde devrait s’essayer à l’exercice (d’ailleurs, celui proposé par Djidawi m’a beaucoup parlé) ou même s’accorder une excursion annuelle dans le Nord pour s’enrichir de cette expérience. Il en faut des évènements où les danseurs ne s’affrontent pas face au public mais dansent ensemble pour le public. Notez le choix de mes mots.

Merci pour l’accueil et à bientôt sur la planète Lilloise.

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