La plume de la danse Hip-hop
JD 2016

Report Juste Debout 2016 (EN/FR) | STRITER

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Si j’avais su que j’allais autant être malmenée en ce weekend du 4 Mars 2016, je me serais surement ménagée un peu plus. Comme je vous le disais dans mon prologue qui racontait mon ressenti pré-JD, j’attendais vraiment beaucoup de ce come back. Et là…

Tout a commencé donc le Vendredi avec les présélections Parisiennes à Radio France. Partagé entre l’Auditorium et le Studio 104, c’est pleinement grâce à la JD Team (Maud, Cyrielle, Sofiane) et mon acolyte du jour, Lydia, que je parviens à choper la dernière heure de sélections Hip-Hop.
La salle est belle, grande mais je ne suis pas envoutée.. De la place, il y en a. Du niveau, aussi. Mais le retard pris par l’évènement m’empêche de regarder les derniers passages et je m’en vais, convaincue que le Samedi serait le jour phare de mon week-end.

Le lendemain, Samedi 5 Mars, le rendez-vous est fixé sur le bateau « Le Ponton ». Situé sur les quais, il a bel allure : c’est sympa, et ça change des gymnases où ça sent le renfermé. La trentaine de personne attendant à l’extérieur m’indique que c’est d’ores et déjà full à l’intérieur et … effectivement, vu la petitesse des espaces pour danser, je comprends. Je passe mes premières 20 minutes à réfléchir à un moyen d’accéder à l’espace Hip-Hop qui est tout simplement surchargé. C’est finalement mon frère, ce sauveur, qui me montrera un chemin pour parvenir à voir les battles.

Et quel battles ! Waydi/Rochka vs Ben/Ukay … Il y en a eu d’autres, mais celui-ci méritait clairement un Bercy. Après avoir animé la Toile de mes lives, je m’en suis allé à Bercy pour les filages… Je n’avais pas mis les pieds dans cette salle mythique depuis 2014 et la rénovation me laisse sans voix. « Bercy c’est trop beau… » Voilà ce que je pense, voilà ce que je vois. Histoire de garder le meilleur pour demain, je décide de quitter les lieux pour attendre les résultats du jour… Attaquée de messages multiples sur mes réseaux, je balance des informations à tout-va. Je me sens impliquée comme si c’était… mon battle ! Hic.

En effet, plus j’y réfléchis, plus je me dis qu’il y a quelque chose qui cloche. L’accent a tellement été mis sur le jour-J (les shows, les deejays, la salle, le son) qu’au final, ceux qui vont « animer » ce show, les danseurs, sont quelques peu délaissés… Et à la veille de la grande finale, je me questionne : comment ressentir pleinement le privilège d’aller à Bercy quand tu apprends (officiellement) à 5h du matin que tu dois être présent sur les lieux dans 6 heures ? Heures de sommeil comprises. Outre le sentiment d’abandon, ça tirerais même vers le manque de considération dû à un simple manque d’organisation alors que le JD souffrait déjà de mauvaises appréciations..

BERCY

Sur cette réflexion, je m’endors.. (vous vous en foutez mais c’est pour que vous sachiez que j’ai bien dormi quand même!) et me réveille comme un jour de Juste Debout : en forme, pressée de rencontrer des danseurs sur le chemin de l’aller et de voir tout le monde courir prendre sa place dans l’enceinte des lieux.

Ah ! Quoi ?! J’entends dans mon oreillette qu’on me dit que « Ça, c’était avant! ».

Ah merde, désolée… Oui, donc, cette année : je me réveille avec un mal de crâne, je ne croise personne avant d’arriver à Bercy et pour la course, on reviendra. Je surveille ma montre et plus les minutes passent, plus je m’inquiète du peu de monde occupants les tout-nouveaux 20 000 sièges de l’AccorHotels Arena.

Heureusement, lorsque l’évènement commence sur l’interprétation très touchante de ‘I will always love you’ de Whitney Houston en hommage aux danseurs décédés, je constate que la salle c’est largement faite colonisé (bien que vide par endroits).

Vicelow & ADL, speakers du jour, sont prêts à faire le show. Les équipes aussi, elles savent qu’elles doivent conquérir le public et leur vendre du rêve : « C’est le show mon gars » de Kapela à Leandro lors des quarts de finales me confirmera cela.

Toujours très éprise des battles de la veille, je reste profondément enthousiaste au vu des équipes : le challenge me paraît moins grand, mais de nombreuses surprises s’annoncent.

Le show des Flying Steps en fait parti : c’était une pure douceur pour les yeux ! De la danse comme on l’aime et je songe fortement à aller les voir en Novembre (qui m’aime me suive!)… Sauf qu’au niveau des battles, il y a quelques problèmes. Des réunions de crises s’organisent pendant les pauses et mes oreilles chopent des bribes de conversations où il se dit que « les jugements confirment ce que l’on pensait : des femmes qui jugent, ça donne ça. On s’y attendait ! »

Ok. Mais ça veut dire quoi, en fait ? « Ça veut dire qu’elles font perdre Waydi et Rochka face à des petits alors qu’ils les ont bouffés! » Les petits, ce sont Lil Blade et Jeems. Ils viennent du Pays-Bas et ce sont fait huer (avec la juge Hip-Hop, Niki) par un Bercy complètement déboussolé après qu’ils aient été annoncé vainqueurs face à ceux qu’on voyait enfin remporter le JD après avoir déjà vécu cela en 2014 face à Majid & Frankydee.

L’histoire se répète et ça fait mal. Très mal. Le coeur n’y est plus et les speakers ont peine à motiver un public qui ne semble pas complètement captivé par ce qui se passe on stage.

Les Français, qui étaient ainsi partis majoritaires dans toutes les catégories finissent par doucement être évincés de la compétition, sauf en House et Popping.

Doucement, les finales approchent et je reste convaincue qu’avoir misé sur le Popping était une bonne idée car les passages de Monkey D, Popping C et Greenteck m’ont fait plaisir, tout autant que les pépites du génie Mofak.

En somme, cette année, le JD a quelque peu raté le coche : les initiatives (JD Music, Tv) sont bonnes et intelligentes mais la mise en pratique est trop bancale. Il manque la perspective d’un public qui a des attentes auxquelles il veut que l’organisation réponde. Et en 2016, les gens voulaient retrouver le Juste Debout auxquels ils tiennent tant : celui qui fait rêver, celui qui fait parler, et surtout celui qui fait envier. A mon avis, il aurait fallu organiser le JD d’Or comme cela était prévu fut une période : juste histoire que tout le monde se rafraichisse la mémoire, se rappelle ce qu’est réellement le Juste Debout au travers de ceux qui en ont fait le nom.

J’en ressors épuisée, et sans ces étoiles dans les yeux (sauf pour Maika/Kyoka qui débordent de flow). Mais, ne me demandez pas pourquoi, je sens qu’en prenant en compte tous les retours de cette édition, le Juste Debout peut se reconstruire avec encore plus d’aplomb. Il suffit de remettre un peu d’huile pour que le moteur se remette en marche.

On ne remplace pas une voiture de collection, on la rénove !

Mais bon rassurez-vous en 2016, certains diront que le Juste Debout « a changé« , mais même 1 an après, on a toujours pas compris ce qu’etais vraiment l’Experimental.

D’ailleurs, je me demandais : est-ce que lorsqu’on gagne en Expérimental on se dit « Yes ! J’ai pas été bizarre toute ma vie pour rien » ?

GAGNANTS DU JUSTE DEBOUT 2016 :

  • Dancehall : Mad Mike & Rafa
  • Experimental : Nao Aerstix
  • Popping : Nelson & Greenteck
  • House : Frankwa & Kapela
  • Locking : Masato & Nobby
  • Hip-Hop : Maika & Kyoka

 


FRANçais-2

If I knew I’d have been so mangled on that first weekend of March, I’d had certainly spare myself. As I said in my prologue, that confessed my feeling before the JD, I was waiting a lot from that event, and now…

It began on Friday with Parisian qualification at Radio France. Shared between the Auditorium and the Studio 104, it’s thanks to the JD Team (Maud, Cyrielle, Sofiane) and my partner of the day, Lydia, that I succeed to catch the last hour of Hip-Hop selections
The place is nice, it’s big but not warmed. There’s space. There’s level too. But the event’s so late that I needed to left before the end, convinced that Saturday will be the main day of my weekend.

The next day, the meeting is fixed on the boat « Le Ponton ». Located on the docks, it looks open : nicer than to be always in smelling gymnasium. Around thirty persons wait outside, letting me know that it’s already full inside and… indeed, it was : too small for all the persons it was about to gather. I stay the first 20 minutes wondering how I will succeed to watch the Hip-Hop battles when it’s finally my brother who show me a way.

PONTON

Photo took by William K.

And what battles ! Waydi/Rochka vs Ben/Ukay … They were more (really!), but that one deserved to happened in Bercy. After I made live stream on my channels, I left to visit the location for Sunday. Speechless I was. « Bercy is too beautiful… » That’s what I thought. Just to keep the best for the next day, I decided to leave and wait for the results of the day… Attacked on social networks, I give as much informations as I can . At least, I feel involved like it is… my own event ! Oops.

Actually, more I think about it, more I feel like there’s something not quite right. They so much  put emphasis on the D-day (shows, deejays, location, music) that, the ones who will make the show, the dancers, are kind of forsaken… On the eve of the big final, I wonder : how can you feel the privilege of been selected for Bercy when you (officially) learn at 5am you’ve to be there in 6 hours ? Sleeping time included. Out of the abandoned feeling, it almost become a lack of consideration due to a disorganisation when the Juste debout was already suffering of bad appreciations..

On that reflexion, I felt asleep.. (you may don’t give a damn but anyway!) and woke up as on normal Juste Debout final day : feeling fine, looking forward to meet dancers on my way and to see everybody running to find the best seats.

Oh ! Wait, what ?! I hear in my earpiece that « Yes, but that was before! »

Oh shit, sorry… So, okay : I woke up with a headache, I met nobody in the train until I get to Bercy metro station and for the run, we’ll be back. I look at my watch ; every minutes I get more and more worry not to see the 20 000 news seats of the AccorHotels Arena occupied.

Fortunately, when the event begins on the very moving performance of ‘I will always love you’ from Whitney Houston in homage to all the dead dancers, I notice that the place has widely being colonised (although there’s still free spaces).

Vicelow & ADL, speakers of the day, are ready to be on stage. The teams too, they know they’ve to conquer to public and be purveyors of dream : « That’s the show, man » from Kapela to Leandro during the quarters confirmed me that.

Rare Grooves

Photo took by William K.

Still thinking about the battles I saw the previous day, I remain deeply enthusiast about the selected teams : less « fighting-battles » but more surprises I guess.

The show of Flying Steps is one : it was a pure sweetness for eyes! Dance  exactly how we like it and I think I’ll go to see them in November when they’ll be in Paris… Except that about battles, there were some problems. Crisis meetings get organized during the breaks and my ears caught snatches of conversation where people said things like « Judgments confirm what we thought: when women judge, that how it is. We expected that! »

Ok. But what does that really mean ? « That means they made Waydi and Rochka lose front of kids whereas they killed them! » The kids as they said, that was Lil Blade and Jeems. That come from Netherlands and were, with the Hip-Hop judge Niki, booed by an audience that clearly didn’t understood the sentence, after they won face to the one everybody saw as the winners .Especially because they already lose at the same stage of the competition in 2014 against Majid & Frankydee.

History repeats itself and that hurts.Really bad. People are clearly not in the mood anymore, and the speakers hardly try to motivates the audience again.

The French dancers, who were in majority have been slowly ejected from the competition except in House and Popping. When finally, the finals approach, I remain convinced that to bet on Popping was a good idea because the rounds of Monkey D, Popping C and Greenteck pleased me, just as much as the genius beats of Mofak.

 

To conclude, this year the Juste Debout missed the boat : the ideas were great (JD Music, Tv) but the practical application was shaky. It missed the audience perspectives ; an audience who has expectations waiting to be filled by the organisation. And in 2016, people wanted to get back to the JD they love : the one which make them dream, the one everybody is talking about, the one they knew. According to me, they should have organised the Gold Juste Debout as they planned  :  so everyone could remember what the Juste Debout is about and see those dancers who made its name on stage again.

Now, I left exhausted without stars in my eyes (excepted for Maika/Kyoka who are gifted by flow). But don’t ask me why, I feel like they’ll be back in a better shape. They just need some oil to make the engine works again.

You don’t replace a collector’s car, you renovate it!

But don’t worry, some will stay Juste debout « changed » but even a year after, people still haven’t clearly understand what Experimental is about.

By the way : when you win in Experimental, do you tell yourself « Yes! I haven’t being weird my whole life for nothing » ?

WINNERS OF JUSTE DEBOUT 2016 :

  • Dancehall : Mad Mike & Rafa
  • Experimental : Nao Aerstix
  • Popping : Nelson & Greenteck
  • House : Frankwa & Kapela
  • Locking : Masato & Nobby
  • Hip-Hop : Maika & Kyoka

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