La plume de la danse Hip-hop
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[REPORT] Summer Dance Forever 2017 (FR/EN)

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LES GRANDES RETROUVAILLES

Vous savez ce que j’aime le plus avec cet Ă©vĂšnement ? Quand j’arrive au Paradiso le premier jour et que depuis mon tram 10, je peux dĂ©jĂ  apercevoir tous ces danseurs dehors. Je ne les ai pas vu depuis un an mais je savais que je les retrouverais ici. Comme chaque annĂ©e. À ce grand rendez-vous.

Et qu’est-ce que ça fait du bien. Bien sĂ»r, il me faut toujours deux jours pour rĂ©ellement dire bonjour mais c’est si rafraichissant de revoir tout ce beau monde. Amsterdam Ă©tant une ville oĂč il fait bon vivre, cela a aussi son cĂŽtĂ© dĂ©paysant comme si on Ă©tait sur une terre neutre.

En 2017, Summer Dance Forever s’annonçait diffĂ©rent avec quelques nouveautĂ©s notables dont l’absence du Breakdance Forever, l’ajout du Locking Forever et les prĂ©sĂ©lections Ă  deux.

Ne vous affolez pas! On va parler de tout ça.

TOUT NOUVEAU, TOUT BEAU ?

‱ Franchement. Le Bboying ne m’a pas manquĂ© et niveau vibe, le Locking a largement su faire sa place. Avec plus de 80 participants, soit un nombre record pour un battle europĂ©en 100% locking, on a assistĂ© Ă  de pur battles. Ce qui Ă©tait surement un coup d’essai sera donc, je l’espĂšre, rĂ©itĂ©rĂ© l’an prochain.

‱ Maintenant, parlons du sujet n°1 de toutes les conversations du Vendredi 18 aoĂ»t au soir : les prĂ©sĂ©lections. Pour la premiĂšre fois, les sĂ©lections se faisaient Ă  deux ; c’est-Ă -dire que deux danseurs se partageaient l’espace lors des prĂ©sĂ©lections. Un systĂšme qui a permit de faire passer les 450 participants en Hip-Hop et les 380 participants en House bien plus rapidement. Toutefois, quand l’organisation y voit un moyen d’accĂ©lĂ©rer le processus de sĂ©lection, nombreux danseurs sont venus m’exprimer comme ils se sont sentis brimer. Le sentiment de ne pas avoir eu « leur » moment tout autant que la conviction que « regarder deux danseurs en mĂȘme temps, c’est impossible » a Ă©tĂ© majoritaire.

Ce que moi j’en dis ? Je comprends tout Ă  fait. Je danse pas donc je ne peux pas ressentir le malaise que cela peut ĂȘtre lorsque l’on vit la situation mais d’un point de vue extĂ©rieur, cela ne me dĂ©range pas tant que ça. Ce n’est pas commun. Ce n’est vraiment pas le mieux – Ă  danser comme Ă  regarder. Mais imaginez tout d’abord le temps que cela prendrait si tout le monde avait danser un par un ? On y serait encore. Ensuite, en un sens, je trouve que cela permet de filtrer. C’est pas facile – j’insiste pour ceux qui n’auraient pas compris que je compatis et qui grognerais encore Ă  cet instant – mais au moins, on reconnait immĂ©diatement ceux qui ont le charisme, la prestance, le niveau et la dĂ©termination pour passer les sĂ©lections. Et ça, ça ne ment pas.

Autre chose, derniĂšre chose. Ce systĂšme de sĂ©lection m’a rĂ©vĂ©lĂ© une situation dont on parle peu – ou du moins qu’entre organisateurs : les DRO (Danseurs Repose Oeil). Ceux qu’on ne regarde pas pendant leurs passages trop occupĂ©s Ă  apprĂ©cier le son qui est parfois meilleur qu’eux, pendant que le speaker fait son possible pour Ă©courter leurs passages.

Vous vous demandiez pourquoi votre vidéo de sélection filmé au loin par votre ami durait 20 secondes au lieu des 45 secondes réglementaires? Voici votre réponse : la réalité du game.

Revenons sur le Summer Dance Forever. Sans partir dans une analyse trop poussĂ©e (il vous reste quelques paragraphes Ă  lire en dessous)… Je suis tiraillĂ©e dans une rĂ©flexion oĂč je me demande vers quoi doit tendre cet Ă©vĂšnement – au niveau des prĂ©sĂ©lections je parle. La qualitĂ© ou la quantitĂ© ?

Ma premiĂšre pensĂ©e est que c’est un Ă©vĂšnement de renom qui devrait ĂȘtre vu comme un objectif pour les danseurs. On devrait – c’est gĂȘnant Ă  dire – s’autoriser Ă  le faire que si l’on se sent rĂ©ellement prĂȘt. Cela peut mĂȘme ĂȘtre pour se challenger, mais jamais Ă  dĂ©faut. Lorsque je vois les prĂ©sĂ©lections – surtout en HipHop, je me dis que beaucoup l’ont fait par dĂ©faut et cela fait limite perdre du temps. Et puis… tout de suite aprĂšs, ma deuxiĂšme pensĂ©e dĂ©barque. Je comprend pourquoi vous participez tous. La vibe des prĂ©sĂ©lections est telle qu’on se sent pousser des ailes. Il y a beau avoir des centaines de participants, on se sent porter par la foule qui procure surement ce sentiment Ă  chacun du « Et si cette annĂ©e, c’Ă©tait moi ?« . Une pensĂ©e qui n’est pas anodine puisque tous les ans, il y a toujours quelques nouveaux profils qui se glisse parmi les sĂ©lectionnĂ©s, venant apporter un brin de fraĂźcheur parmi les grands habituĂ©s des sĂ©lections.

Si cette rĂ©flexion vous parle, je vous invite Ă  commenter l’article ou le lien sur STRITER pour en discuter.

JE GAGNE OU JE PERDS. PAS DE PEUT-ÊTRE.

Si simple Ă  lire, mais pas si facile Ă  dire. Chaque annĂ©e, les danseurs se retrouvent confrontĂ© Ă  ce moment oĂč ils doivent avouer (car c’est vraiment le terme appropriĂ©) s’ils considĂšrent avoir perdu ou gagnĂ© le battle. Un moment clĂ© oĂč j’attends toujours beaucoup d’eux, espĂ©rant qu’ils auront l’honnĂȘtetĂ© de savoir s’auto-Ă©valuer correctement. Un moment clĂ© oĂč le public s’attend gĂ©nĂ©ralement Ă  voir un passage supplĂ©mentaire pour (enfin) rentrer en jeu via l’applaudimĂštre.

Cette annĂ©e, j’ai apprĂ©ciĂ© l’honnĂȘtetĂ© de Batalla et Alex. Le premier a toujours laissĂ© ses adversaires choisir de son sort comme si, par respect envers ceux contre qui ils dansaient, il voulait mĂ©riter amplement sa victoire. Ayant perdu contre Physs lors des battles contre les jurys, il est revenu dans la course en affrontant Ice-E. Une dĂ©faite qu’il a signĂ© d’un discours prĂŽnant la facilitĂ© actuelle de faire des battles, mais la difficultĂ© d’ĂȘtre un maĂźtre dans son art. Le deuxiĂšme a Ă©tĂ© celui dont j’attendais le plus le parcours cette annĂ©e. Comme beaucoup, j’attendais le match retour en Alex et Physs – qui s’est cette fois ci conclut sur un “Je retourne m’entraĂźner” d’Alex signant la fin de la course Ă  la victoire. MĂȘme si en mon sens, ils ont tout deux gagnĂ© le respect de toute la salle (et ceux qui regardaient mon live streams) de par leurs gestes. Beaucoup ont Ă©tĂ© déçus de voir certains parcours s’arrĂȘter si vite mais j’ai beaucoup moins cette boulimie de la danse Ă  outrance. MĂȘme si un battle est sensationnel et que j’aurais envie d’en voir plus, j’apprĂ©cie encore plus quand les danseurs ne se laissent pas porter par la foule. DĂ©jĂ  que l’Ă©gocentrisme rĂšgne dans ce milieu, je trouve Ă©goĂŻste de s’auto-proclamer gagnant juste en sachant qu’avec la foule, ils pourraient gagner.

LE GAME OU LA VIE

Toute fois, en discutant avec beaucoup de personnes, je me suis rendue compte que parfois la communautĂ© attend beaucoup trop des danseurs. L’appel du game est trop prĂ©sent: je l’ai ressenti lorsque Toyin a rappelĂ© Frankie J dans la compĂ©tition. Un moment qui a divisĂ© l’ensemble de la salle au travers de deux perspectives:

“C’est injuste, Frankie J a dansĂ© un round. Il perd, il revient, il est frais. Normal qu’il gagne”.

“C’est beau. Ça fait du bien de voir un peu d’amour sur scùne”.

Et moi, ce que j’en dis ? Je vais ĂȘtre trĂšs honnĂȘte moi aussi. Je n’avais aucun avis sur le propos. J’étais seulement triste que mon nouveau favori, aka Santa, n’ait pas Ă©tĂ© repĂȘchĂ© car il avait vraiment Ă©gayĂ©e ma soirĂ©e. Et puis
 Je me suis mise Ă  Ă©couter les avis des gens. Dans les faits, ils n’ont pas tort. Mais plus j’y pense, plus je me dis que j’aurais du me contenter de vivre le moment sans l’interprĂ©ter – et que quitte Ă  faire, je prĂ©fĂšrerais le faire depuis un prisme oĂč je me dis « Fuck le game! On perd la valeur d’un moment qui n’Ă©tait mĂȘme pas rĂ©flĂ©chi. On arrive Ă  faire d’une action de coeur, une entourloupe. » C’est trop : ne finissons pas comme les commentateurs sur Youtube svp.

La game ou la vie. L’un influence l’autre – mais l’un n’est pas l’autre.

Summer Dance Forever 2017 c’est aussi des leçons de vie. Pour eux. Pour vous. Pour moi aussi.

MON (VRAI) DERNIER MOT

Chaque annĂ©e, cet Ă©vĂšnement arrive comme un check-point oĂč je sais si j’ai vraiment Ă©voluĂ© pendant l’annĂ©e. En cette cinquiĂšme annĂ©e, je peux dire que oui. Je suis contente d’ĂȘtre arrivĂ©e Ă  un pĂ©riode ma vie de blogueuse oĂč des organisateurs comme John me font confiance et m’accueille Ă  bras ouvert.

Merci.

J’aimerais faire un gros big up Ă  mes coup de coeurs de cette annĂ©e: Santa & Troy en House ;  Yuki en Locking ; MonstaPop & Angyil en Popping ; P-Dog, Ben, Evion (mĂȘme s’il n’a pas passĂ© les sĂ©lections) en Hip-Hop.

Je ne pourrais terminer cet article sans parler de cette magnifique soirĂ©e que j’ai passĂ© au ThĂ©Ăątre De La Mar : la justesse du solo de Yaman, la symbiose dĂ©licate des canadiennes Tentacle Tribe, la poĂ©sie des demoiselles de la compagnie KilaĂŻ et la performance on point de Black Sheep.

Cette semaine est passé vraiment vite.

Mais tout me reste(ra) en tĂȘte.

Merci encore. À l’annĂ©e prochaine.



THE BIG REUNION

You know what I like most with this event? When I arrive at Paradiso the first day and that from my tramway 10, I can already perceive all these dancers outside the building. I haven’t seen them for a year but I knew that I would meet them here again. As every year. It’s our big meeting.

And you don’t know how good it feels. Of course, I always need two days to say hello to everyone but it’s so refreshing to see again all this people. Amsterdam being a city where life is enjoyable, it also come to be kind of a neutral place to us.

In 2017, Summer Dance Forever planned to be different with some notable updates among which the loss of the Breakdance Forever, the addition of Locking Forever and the preselections two-by-two.

No panic! I will speak about all this.

ALL NEW, ALL BEAUTIFUL?

‱ I didn’t miss Bboying. And speaking about vibes, Locking succeeded to be make the whole audience wake up. With more than 80 participants, which is actually impressive for 100% locking european event, we attended amazing battles. What was just a try might come back in 2018.

‱ Now, let’s talk about the number one subject of all of the conversations on August 18th: the preselections. For the first time, it happens to be two by two, that means that two dancers were dancing at the same time. A new system that allowed to make the 450 participants in Hip-Hop and the 380 participants in House pass faster. However,  while the organization found that it was a good process to make the selection goes faster, a lot of dancers came to me expressing how much they felt frustrated. Commonly, they had this feeling they didn’t got their « own » moment and that « to look at two dancers at the same time was impossible« .

What do I say? I understand. I’m not dancing so I can’t experience their feelings but from an external point of view, that I wasn’t disturbing me a lot. It’s not common. It’s not the best neither – to dance as to watch. But imagine how long it would have been if dancers were coming one by one? We would still be on it. Also, in a certain way, it was kind of a filter. It’s not easy – I insist for those who would not see that I am understanding and would be mad at this point – but at least it helped recognise immediately those who had the charisma, the presence, the level and the determination to pass preselections. That doesn’t lie.

Other thing, last thing. That system of selection revealed a situation that we never talk about (except here on STRITER) – or between events organizers: the DRE (Dancers Relaxing Eyes). Those that we won’t watch during their rounds to busy enjoying the music which is sometimes much better than them, while the host try to shorter their rounds.

You were wondering why the video of your selection filmed from the audience by your friends last only 20sec instead of the common 45sec? You got your answer: reality of the game.

 

Let’s go back to Summer Dance Forever. Without going to far in my analyse (there’s still a lot to read – oops)… A thought about the selections tears me in two. What is the most important: quality or quantity?

My first thought is that it’s a renowned event which should be seen as an goal for dancers. They should – it’s embarrassing to say – allow themselves to make it only if they really feel ready. It can even be for challenging yourself, but never by default. When I see preselections – especially in HipHop, I keep telling to myself that many made it by default and it makes waste time. And then, immediately after – because my good-person side always comes out – my second thought turns up. I understands why you all participate. The vibe of preselections is such that we feel exhilarated. With hundreds of participants there, we feel swept along by the crowd which leads to this thinking of « and what if this year, it was me?« . A thought which is not trivial as every year, there are always some new profiles welcomed – bringing a touch of freshness among the regular big names of the selections.

Some people told me they should close preselections when reaching 300 people, but they can’t: by controlling the quantity, they could miss the quality. Especially that registrations happen at the door, so how could you tell someone who paid its trip to Amsterdam wherever (s)he’s coming from « sorry it’s too late, next year« . Frustration on top!

I’m willing to discuss it wo comment the report or the link on STRITER.

I WIN OR I LOSE. NO MAYBE.

Easy to read, hard to say. Every year, dancers find themselves facing to this particular moment where they must confess if they considering they win or lose their battles. A key moment where I expect a lot from them, hoping they’ll have the sincerity to auto-evaluate themselves correctly. A key moment where the audience expect usually an extra-round to finally be able to decide by screaming or applauding.

This edition, I really appreciated the honesty from Batalla and Alex. The first one always let his opponent chose as if, for respect he had for them, you really wanted to deserve his victory. He last lose against Physs, then came back on the course thanks to Ice-E. A defeat ended by a beautiful speech claiming how easy it is to do battles but not everyone can really be a master when it comes to the quality of movement. As the most of people, I was waiting for the rematch between Alex and Physs – which ended with “I go back to training” from Alex. Plenty of people went disappointed to see them lose at the door of finals, but we should stop always be hungry of dance. Even if a battle is a maze, I even more appreciate when dancer don’t let themselves swept by the crowd and listen to their inner self.

THE GAME OR THE LIFE

Discussing with many persons, I realised that the community was expecting too much from dancers. The call of the game is too strong that you even forget that dancers are human being and not dance floor machines. I felt this when Toyin bring back Frankie J into the competition. A moment that divided the room into 2 thoughts:

“It’s unfair, Frankie J danced one round. He lose, he comes back, he’s fresh. Normal that he wins”.

“It’s so beautiful. It’s pleasant to see a battle so full of love”.

And me, what I think of it? To be honest… I had no opinion. I was only sad that my new favorite aka Santa missed the chance to come back in the game. And then… I started listening to people’s opinions. They weren’t that wrong. But still, mmore I was thinking of it, more I told myself that we should stop reading into it as it was meant to be a trick, and appreciate an action coming from the heart. We should stop behaving like the (stupid) people commenting under Youtube videos. Please.

The game or the life. One influence an other – but one ain’t the other.

Summer Dance Forever 2017 it’s also life lessons. For them. For you. For me too.

MY (VERY) LAST WORDS

Every year, this event come as a checkpoint which I can evaluate how much I grow during the year. In this 5th anniversary of my blog, I can tell YES. I’m proud I evolved so much that organizers as John now trust me and welcome me warmly to their event.

Thanks.

My biggest big-up for this year would goes to my favorite: Santa & Troy in House ;  Yuki in Locking ; MonstaPop & Angyil in Popping ; P-Dog, Ben, Evion (even if he didn’t pass) in Hip-Hop.

I can’t end this report without talking about this speechless night I spent at De La Mar Theater: the precision of Yaman solo, the fine symbiosis of the canadians Tentacle Tribe, the poetry of the ladies from KilaĂŻ and the performance on point of the bboys from Black Sheep.

This week went so fast.
But I’ll keep everything in mind.

Thanks once again. Until next year.

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